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par Sylvie
Sibra |
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1920
- 1937: Une prégnance provinciale et d’Italianeté
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Federico Fellini poursuit une scolarité sans histoire et une enfance ordinaire dans une petite ville balnéaire tranquille dans un contexte national fasciste. Les souvenirs de cette époque, nous les revisitons dans des films tel que Fellini Roma de 1972, Amarcord de 1973. Ses débuts de scolarité, il les passe à l’école maternelle des Soeurs de Saint-Vincent. Il poursuit son instruction à l’école primaire Teatini. Il continue ses études au Lycée situé dans le Grand Hôtel de Rimini. Cet hôtel est un lieu mythique de la société locale. Il comporte à son actif diverses fonctions puisqu’il abrite aussi le grand Cinéma Fulgor. Le premier souvenir de projection cinématographique de Federico Fellini: il l’a vécu dans les bras de son père pour regarder le gigantesque péplum Maciste all’inferno ( Maciste aux enfers) de Riccardo Freda (1). Le cinéma qu’il préfère est sous le signe du burlesque. Les acteurs comiques qui l’ont ébloui sont Keaton, Laurel et Hardy, Larry Semon, les frères Marx, sans omettre un profond respect pour Chaplin. Les acteurs qui ne l’ont pas particulièrement touché sont Greta Garbo, Gary Cooper, Tom Mix. Il a détesté Humphrey Bogart à cause de son caractère colérique.
Entre 7 et 10 ans Federico se sauve de la maison et se joint au cirque du clown Pierino. Il a la fonction de s’occuper d’un zèbre malade. Fellini va plus tard embellir cette aventure que nous retrouvons en début du film I Clowns de 1970. Il ancre la thématique du cirque dans sa vie de manière omniprésente. L’une des maisons, dans laquelle il a habité durant sa jeunesse, a été annonciatrice pour lui. Localisée prés de la gare, la villa, encerclée par un jardin et un potager à l’arrière, communiquait avec un édifice qui se trouve être un théâtre. Un lieu d’émerveillement et d’émotions inconnus jusqu’alors le fascinant.
En 1935-1936 , la guerre d’Ethiopie éclate sous le régime fascisme établi depuis 1922. Fellini est en classe de quatrième lorsqu’il voit partir certains de ses camarades plus âgés au combat. Il réalise une série de caricatures des Balilla (2) dans le camp de Verucchio, petite ville de montagne, non loin de Rimini. C’est ainsi qu’il débute comme dessinateur. Il ouvre avec le peintre Demos Bonini “la boutique de l’artiste” où ils ont réalisé, à la commande, des caricatures qu’ils signaient “FeBo”. “Fe” pour Fellini qui dessinait et “Bo” pour Bonini qui remplissait les formes de couleurs. En plus de Demos Bonini , il y a un autre personnage dessinateur et violoniste avec lequel il s’était lié, Nino Za. En 1937, Carlo Massa, le propriétaire du cinéma Fulgor, lui commande une série de caricatures d’acteurs en vogue surtout américains pour attirer les spectateurs.
De sa jeunesse jusqu’à sa disparition, certains écrivains et ouvrages ont été des parrains spirituels pour Federico Fellini comme “Pinocchio”, “Bibi et Bobo”, Dickens “l’île au trésor”, Edgar Poe, Lovecraft, les Comics, Jules Vernes, George Simenon, Jung, Bernhard, Homére, Catulle, Horace, l’Anabase, le romancier sicilien Vitaliano Brancati, Dostoïevski, Kafka, Steinbeck, Faulkner, Saroyan et d’autres. Outres les classiques comme Dante, Boccace, Pétrarque, l’Arioste, Fellini s’est intéressé à Schiller, Novalis, Goethe, Thomas Man, Hoffmann, Dürenmatt. Il affectionne tout particulièrement certains auteurs italiens qui sont ce qu’il appelle “ses compagnons de voyage” auxquels il revient toujours comme Carlo Emilio Gadda, Tommaso Landolfi, Alberto Moravia, Mario Tobino, Italo Calvino, Ennio Flaiano, Goffredo Parise. Il porte un intérêt tout particulier pour l’occulte, le fantomatique, l’aventure mythologique, la science fiction et la psychanalyse.
A cette période, Fellini a été très attiré par le métier d’envoyé spécial pour la presse. Une fois, un journal de Ferrare lui demande en tant que reporter de suivre le Tour d’Italie. Son manque d’enthousiasme pour le sport et sa confusion pour les noms l’ont obligé à laisser tomber après deux articles. Il a aussi souhaité devenir un acteur comique. Des hommes qu’il a toujours considéré comme des bienfaiteurs de l’humanité. En 1938, il se retrouve, avec son ami Rinaldo Geleng, à faire de la figuration en tant que guerriers numides dans l’opéra Aïda aux termes de Caracalla, à Rome. Federico Fellini ne sait absolument pas ce qu’il va devenir. Il sait seulement qu’il ne deviendra ni médecin, ni avocat comme ses parents le souhaitaient. Il sait seulement que l’univers, le monde artistique l’attire dans toute sa variété. Il a même pensé à devenir peintre.
Depuis tout petit, Federico Fellini est un passionné de Fumetti (bandes dessinées). Il publie ses premiers croquis en 1937 avant de réaliser des caricatures d’acteurs exposées dans le hall du cinéma Fulgor. Dés 1938, encore lycéen, il propose ses croquis à différents journaux, au quotidien Il Corriere della sera pour son supplément La Domenica del Corriere et aux hebdomadaires satiriques florentins le 420 et L’avventuroso, à Florence, dont l’éditeur s’appelait Nerbini, qui les publient sous le pseudonyme Fellas, un nom de clown ou de personnage de Salgari. Par ce dernier, il fait la connaissance du dessinateur Toppi, le collaborateur de Nerbini. Toppi a fait les couvertures de Buffalo Bill, des Trois scouts, de Lord Lister et la majorité des dessins du 420. On lui doit aussi les cartes postales représentant Petite gueule noire une jolie Ethiopienne, les illustrations de romans pour enfants, des affiches. Entre 1937 et 1938, Fellini est une sorte d’huissier, secrétaire à ces débuts au 420. C’est comme ça, qu’il fait la connaissance du grand écrivain Aldo Palazzeschi qui a écrit entre autres Les soeurs Materassi et Rome. Il lui porte son sac à provision, du marché à son véhicule. Ensuite, il va s’intégrer davantage dans le métier de dessinateur. Lors de la tension politique entre l’Italie et les Etats Unis, l’importation de stripes est interdite. Fellini tente d’adapter des histoires avec Toppi. Il va rester au journal six à sept mois avant de partir pour Rome.
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