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GIULIETTA
Par Federico Fellini
Traduit de l’italien par Jacques Michaut-Paterno
Editions de Fallois, Paris, 1990.
Par Sylvie SIBRA, UTM France
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A la limite du délire et de la folie, Federico Fellini raconte les extraordinaires visions qui hantent Giulietta. Giulietta est une épouse modèle, imaginative et crédule rongée par l’inquiétude de sa propre existence. Elle est une femme au visage d’enfant, rangée et mariée. Elle vaque au milieu d’une existence paisible dans un pavillon face à la mer. Tout commence lorsqu’elle suspecte son mari de la tromper. Désormais, son univers bascule dans une série d’étranges visions qui reflètent son désarroi. Rêves et fantasmes se font échos. Désemparée, des souvenirs d’enfance et des hallucinations l’assaillent. Ils l’isolent insensiblement dans un cirque mental d’évocations poétiques visuelles où le statut de la femme universelle est remis en cause. Semblable à une lecture de grimoire, les mots se murmurent et se mélent aux images. Une colère sourde retentit étouffée. Douceur et volupté se font émotions. L’auteur nous précipite au sein d’un jardin secret parsemé de remords et de révélations. Tout un univers fantomatique de plaisirs et de désirs s’insinue peu à peu dans la réalité cauchemardesque de Giulietta. Le merveilleux s’incarne de vertu. Il compose un manége d’évocations où la libération de la femme n’a pas encore eu lieu. Fellini imprime gestes et décors à la distorsion de l’esprit prônant une justice en toute diplomatie. Il parle, ici, de tabous et de peurs qui empêchent les personnalités de s’épanouir librement. Se croyant perdue, Giulietta se réconcilie avec elle-même. Le personnage est le portrait d’une femme qui ne parvient pas à maîtriser les différents niveaux de la réalité dans l’abandon de ses sentiments. Fellini traduit ce récit avec une intime et une débordante tendresse.
Sylvie SIBRA, UTM France
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